Karma

Le karma : loi de cause et effet

Dans le Theravada, le karma (kamma en pali) désigne toute action intentionnelle (physique, verbale, mentale) qui produit des résultats (vipāka). Seule l’intention compte : un acte neutre ou bénéfique mûrit en bonheur futur, un acte néfaste en souffrance.

  • Types de karma : Vertueux (kusala : générosité, éthique, méditation), non-vertueux (akusala : tuer, voler, mensonge), neutre (kiriya : sans effet karmique fort).
  • Mécanisme : Les « semences » karmiques s’impriment dans le courant de conscience (viññāṇa), mûrissant dans cette vie ou les suivantes selon les conditions.
  • Non fataliste : Contrairement aux idées reçues, le karma est modifiable par de nouvelles actions ; la pratique spirituelle purifie les traces passées.

Le samsara : cycle des renaissances

Le samsara est la roue infinie des naissances, morts et renaissances, mue par l’ignorance (avijjā) et le désir (taṇhā). Sans « âme » permanente (anattā), c’est un continuum de conscience qui migre selon le karma.

  • Six mondes d’existence (gati) : Dieux (deva), demi-dieux (asura), humains, animaux, esprits affamés (peta), enfers (niraya). L’existence humaine est rare et précieuse pour pratiquer.
  • Douze liens de l’origine dépendante (paṭiccasamuppāda) : Ignorance → formations → conscience → nom-forme → sens → contact → sensation → soif → prise → devenir → naissance → vieillesse-souffrance.
  • Souffrance inhérente : Chaque realm est marqué par dukkha (impermanence, insatisfaction).

Tableau comparatif : karma et samsara

ConceptDéfinition TheravādaRôle dans la libération
KarmaAction intentionnelle et ses fruits ​Accumule semences positives/négatives
SamsaraCycle des 6 realms sans début ni finÀ transcender par l’Éveil (nibbāna)
LibérationVoie de l’Arahant: épuisement total du karmaFin des renaissances, paix inconditionnée

La voie de sortie : Noble Sentier Octuple

Le Bouddha enseigne dans le Canon pali (Samyutta Nikaya) que l’ignorance cause le samsara ; la sagesse (paññā) et l’éthique (sīla) le brisent. Pratiquer mène aux quatre stades : sotāpanna (entrant le courant), sakadāgāmi, anāgāmi, arahant.