Le Dharma ou dhamma est un terme central du bouddhisme, riche de sens, qui désigne à la fois l’enseignement du Bouddha et la réalité profonde de l’existence.
Sens étymologique et général
En sanskrit, « Dharma » (dhamma en pali) signifie originellement « ce qui soutient », « loi », « ordre naturel » ou « devoir ». Dans l’Inde ancienne, il évoque les normes cosmiques, sociales et morales qui maintiennent l’harmonie du monde.
Dans le bouddhisme, il prend une dimension spirituelle précise :
- L’enseignement du Bouddha : Les paroles et méthodes transmises pour libérer de la souffrance (Quatre Nobles Vérités, Noble Sentier Octuple).
- La réalité telle qu’elle est : Les lois impersonnelles de l’univers (impermanence, karma, interdépendance).
- Les phénomènes (dharmas au pluriel) : Tous les éléments constitutifs de l’expérience (corps, sensations, perceptions, etc.).
Les trois aspects du Dharma
- Dharma comme doctrine : Les sutras et textes qui guident la pratique.
- Dharma comme vérité ultime : Compréhension directe de la vacuité et du non-soi.
- Dharma comme pratique : Application quotidienne pour transformer l’esprit.
Un des Trois Joyaux
Dans la prise de refuge, le Dharma est le second Joyau (avec Buddha et Sangha) : c’est la voie vérifiable par l’expérience, non une croyance aveugle.
| Sens principal | Explication brève |
| Enseignement | Paroles du Bouddha pour l’éveil |
| Loi naturelle | Impermanence, karma, interdépendance |
| Phénomènes | Tout ce qui compose l’existence conditionnée |
| Protection | Moyen de se libérer de la souffrance |
Le Bouddha comparait le Dharma à une médecine : diagnostiquer la souffrance et prescrire le remède. Il invite à le tester soi-même.
Le terme « Dharma » possède des sens proches mais distincts entre l’hindouisme et le bouddhisme, reflétant leurs visions du monde.
Le Dharma est un concept indien ancien partagé, signifiant étymologiquement « ce qui soutient » ou « loi naturelle ».
Comparaison des sens principaux
| Aspect | Hindouisme | Bouddhisme |
| Sens principal | Ordre cosmique et devoir moral lié à la caste, à l’âge et au rôle social (Sanatana Dharma = loi éternelle) | Enseignements du Bouddha (sūtras) et lois impersonnelles de l’existence (impermanence, karma, non-soi) |
| Application | Conduite juste selon varna (castes) et ashrama (étapes de vie) ; rituels védiques pour maintenir l’harmonie universelle | Voie pratique pour l’éveil : Quatre Nobles Vérités, Noble Sentier Octuple ; accessible à tous sans hiérarchie |
| Objectif | Accomplir son svadharma (devoir personnel) pour atteindre moksha (union avec Brahman) | Comprendre la réalité ultime pour réaliser le nirvana (fin de la souffrance) |
| Cosmique vs pratique | Loi divine régissant l’univers et la société | Réalité vérifiable par l’expérience ; dharmas (pluriel) = phénomènes interdépendants |
Points clés de divergence
Dans l’hindouisme, le Dharma est normatif et social : un brahmane a un Dharma différent d’un shudra, justifiant les castes comme reflet du karma passé.
Dans le bouddhisme, le Bouddha critique cette vision : le Dharma est universel, libérateur, centré sur la transformation intérieure sans privilège de naissance. C’est un des Trois Joyaux (Buddha, Dharma, Sangha).
Ces différences illustrent la rupture bouddhique avec le brahmanisme : du devoir rituel/social à la sagesse expérientielle.
Le karma et le cycle des renaissances (samsara) forment le socle éthique et cosmologique du Theravāda, l’école bouddhiste la plus proche des enseignements originels du Bouddha.